Perpignan Ensemble avec Louis Aliot !

Sortir de l’Euro, entre peur irraisonnée et anathèmes: le système à l’agonie ne recule devant rien pour tenter de décrédibiliser le seul mouvement qui s’appuie sur un programme cohérent de renouveau économique

Sortir de l’Euro, entre peur irraisonnée et démarche raisonnable

Tribune de Bruno Lemaire, Docteur ès Sciences Economiques, colistier de Louis Aliot, pour « Perpignan Ensemble »

On sait ce que l’on a eu : 40 ans de gabegie du système UMP-PS, et 12 ans de quasi-stagnation dans l’Eurozone, dont 6 ans de décroissance effective du pouvoir d’achat.

Est-ce suffisant pour vaincre la peur légitime du changement pour les « eurozonards » que nous sommes ?

Il semble que non, puisque même si une infime minorité – 15 à 20% – pensent encore que la création de l’Euro a été une bonne chose, près des 2/3 de nos compatriotes ont encore peur du diagnostic sans appel de Marine Le Pen et de nombreux économistes. A  savoir que la zone Euro ne survit que sous perfusion, et que la meilleure chose qui pourrait arriver, ce serait la renaissance des monnaies nationales européennes, le franc nouveau, la peseta nouvelle, la lire nouvelle, etc…

Il est vrai que les tenants – de moins en moins nombreux, mais de plus en plus virulents – du système actuel font tout pour apeurer nos compatriotes, en particulier les plus fragiles, ce qui ne fait que raviver la résistance à tout changement. Alors même que la situation actuelle n’a jamais été si mauvaise depuis des décennies pour la plupart d’entre eux, que l’on pense aux 9 millions de travailleurs pauvres, aux millions de  demandeurs d’emploi, aux millions de petits retraités, ou encore à tous les commerçants et artisans qui ne savent plus comment faire pour s’en sortir.

Parmi tous les arguments fallacieux et les contre-vérités qui sont assénés à ceux qui ont compris qu’il ne pouvait rien advenir de bon du système actuel, mais qui hésitent encore à faire le saut, à savoir rallier les thèses économiques et sociales du courant de pensée incarné par Marine Le Pen, deux « éléments de langage », pour ne pas dire deux slogans, sont particulièrement utilisés, qui portent tous deux sur les conséquences éventuelles de la sortie de l’Euro et de la renaissance du franc.

Risque sur l’épargne ?

« Sortir de l’Euro », ce serait la mort du petit épargnant. Mais les chiffres actuels disent que c’est déjà le cas, pour les « eurozonards » français, vu la situation désastreuse des banques françaises, comme un rapport récent de l’OCDE l’a clairement montré. Rappelons que la « petite épargne » représente actuellement plus de 1500 milliards d’euros, pour un montant moyen de 30 à 35 000 euros, et que le fonds dit de garantie de l’Epargne, abondé de 2 à 3 milliards seulement, ne représente qu’un pourcentage infime de ce montant. Affirmer que dans le contexte actuel, tout compte d’épargne serait garanti à hauteur de 100 000 euros est donc un mensonge éhonté.

En fait, d’après une dépêche récente de Reuters, datée du 12 février, les autorités actuelles de l’Union Européenne envisagent même un emprunt forcé, c’est-à-dire de confisquer tout ou partie de l’épargne des « eurozonards » pour financer des investissements que les marchés financiers « classiques » ne veulent plus prendre en compte, préférant sans doute spéculer sur les marchés des actions ou des obligations.

La seule possibilité se sauver notre épargne, en particulier celle des petits épargnants, c’est donc d’avoir une économie qui se porte bien,  ce qui n’est évidemment pas le cas actuel. Sortir de l’Euro permettrait, suivant certaines analyses, de retrouver une croissance supérieure à 2%, très supérieure à ce qui est espéré par le gouvernement actuel.

Une inflation inévitable ?

« Sorti de l’Euro », ce serait ouvrir la porte à une hyper-inflation « à l’allemande » (comme en 1923-24 ou en 1948). Pourquoi cela ? Une éventuelle dépréciation du franc nouveau, par rapport au cours actuel de l’Euro, rendrait les importations plus chères, d’où une atteinte supplémentaire au pouvoir d’achat, nos industriels tentant, de plus, de répercuter cette hausse sur leurs propres prix de vente.

Bien entendu, tout ceci est faux, puisque si les biens importés seraient évidemment plus chers à l’unité, ce renchérissement conduirait à une demande moins importante en volume, et rendrait à l’inverse nos exportations potentielles plus attractives, et permettrait ainsi de rééquilibrer notre commerce extérieur. Les 60 ou 70 milliards de notre déficit actuels seraient effacés en quelques mois, notre commerce extérieur se stabilisant autour de 450 milliards d’euros. Toute l’histoire économique est là pour valider cette thèse, celle d’une dépréciation raisonnable, et compétitive, dès lors que cette dépréciation serait de l’ordre de 10 à 20%, ramenant le franc nouveau contre dollar à une parité oscillant entre 1.10 et 1.20 (ce qui était d’ailleurs le cas en 2002, lors du passage à l’Euro). D’ailleurs même M. Montebourg dit que l’euro est trop « cher ».

En ce qui concerne le véritable niveau de l’inflation, on peut estimer qu’une dépréciation du franc nouveau de 10% conduirait à une inflation de l’ordre de 1.5%, alors qu’une dépréciation de 20% induirait une inflation inférieure à 3%, fort supportable, et très inférieure à l’inflation qu’a connue la France pendant les « Trente Glorieuses », entre 1946 et 1973.

Deux faux arguments pour nourrir la peur …

Ainsi, non seulement la sortie de l’Euro ne condamnerait pas nos petits épargnants – bien au contraire – mais l’inflation faussement annoncée n’est qu’un fantasme agité devant nos compatriotes pour leur faire oublier l’échec de 40 ans d’un système de plus en plus dominé par la haute finance et les libre-échangistes mondialistes.

Ne parlons même pas du fait que la sortie de l’Eurozone, pour les eurozonards que nous sommes, n’a rien à voir avec une sortie de l’Europe. Reprendre notre destin en mains ne fait pas de nous des non-européens : la France sera d’autant plus solidement un des piliers de l’Europe qu’elle ne se laissera pas dicter son destin de l’extérieur. Si la Suisse l’a fait, grâce à une ‘votation’ historique, la France peut le faire.

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